
Dans un contexte marqué par la raréfaction des financements extérieurs et la montée des défis liés à la pérennité des interventions de développement, le Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales (SPONG) a pris l’initiative de réunir les acteurs du secteur autour d’un enjeu prioritaire : l’autonomisation économique des organisations à but non lucratif.
Ainsi, le mardi 29 avril 2025, le SPONG a tenu au Centre Cardinal Paul Zoungrana un atelier de réflexion stratégique qui a rassemblé des représentants d’ONG, d’associations de développement, de fondations, d’experts, les services techniques de l’État en charge des ONG-AD-FONDATIONS, le secteur privé, les collectivités territoriales ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Cet atelier s’inscrit dans une dynamique de transformation. En effet, face à une dépendance accrue aux fonds extérieurs, il est devenu essentiel de repenser les modèles économiques traditionnels des organisations de la société civile. L’objectif principal de cette rencontre était donc clair : favoriser un échange inclusif sur les mécanismes innovants de financement interne et identifier des stratégies concrètes de résilience financière.
Pour répondre à cette ambition, la journée s’est articulée autour de plusieurs séquences thématiques. Une première phase a permis de dresser un état des lieux des pratiques actuelles de financement, en soulignant les limites du modèle basé quasi exclusivement sur les bailleurs internationaux. Ensuite, des expériences locales et internationales ont été partagées, mettant en lumière des initiatives innovantes et des pratiques inspirantes en matière de financement autonome, telles que les financements privée, l’entrepreneuriat social ou encore la mutualisation de ressources.
Ces échanges ont ouvert la voie à une série de questions/Réponse, durant lesquels les participants ont pu approfondir les pistes identifiées et formuler des propositions concrètes. L’ensemble des discussions a révélé une volonté partagée c’est-à-dire celle de bâtir des organisations plus résilientes, capables de diversifier leurs sources de financement et de valoriser leurs ressources propres. Il est désormais clair que l’autonomisation économique ne peut être atteinte sans une démarche structurée, concertée et adaptée aux réalités locales.
Comme l’a souligné Monsieur Abdoulaye OUEDRAOGO, Président du Conseil d’Administration du SPONG, « L’autonomisation économique n’est plus une ambition, c’est une obligation pour survivre et continuer à agir efficacement sur le terrain. »

Un message appuyé par le représentant du Ministre de l’Économie des Finances, Mahamadou BOKOUM Chargé de Mission, qui a rappelé l’engagement de l’État à accompagner les efforts des OSC.« Le ministère soutient les initiatives visant à renforcer les capacités des ONG. L’innovation locale et la diversification des ressources sont des pistes que nous devons encourager. » a-t-il ajouter.
À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées, parmi lesquelles :
- Le renforcement des capacités entrepreneuriales des acteurs associatifs ;
- La création de fonds d’appui endogènes et de mécanismes de financement solidaire ;
- La mise en place d’un réseau d’échange sur les pratiques économiques durables entre OSC.
Ces propositions serviront de base à l’élaboration d’un plan stratégique pour l’autonomisation économique des OSC, que le SPONG entend porter auprès des pouvoirs publics et partenaires.
La forte mobilisation lors de cet atelier témoigne d’une prise de conscience collective. Pour aller plus loin, le SPONG prévoit d’organiser, dans les prochains mois, des sessions de formation, de mentorat, ainsi que des forums thématiques sur la résilience économique des organisations. Enfin, des outils pratiques (guides, études de cas, modèles économiques) seront mis à disposition des membres pour accompagner leur transition vers plus d’autonomie.
Le SPONG adresse ses sincères remerciements à tous les intervenants, participants et partenaires pour leur contribution active et leur engagement durable. Leur participation a grandement enrichi les débats et posé les bases d’une transformation structurelle du secteur.
Cet atelier marque une étape importante dans la quête de durabilité et de souveraineté économique des organisations de la société civile. Il confirme qu’en misant sur l’innovation locale, la solidarité et la coopération, il est possible de bâtir des modèles autonomes au service d’un développement réellement durable.
Ensemble, engageons-nous pour une société civile forte, résiliente et actrice de son propre avenir
