
Valoriser les savoirs locaux en matière de restauration des terres dégradées et de sécurisation foncière au Burkina Faso, telle est la volonté affichée par le Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales (SPONG). En effet, dans le cadre de son projet « Sécurité foncière pour les communautés qui reverdissent des terres agricoles sahéliennes – combler le fossé de mise en œuvre entre la recherche existante et les réalités locales », le SPONG a, au cours d’un atelier organisé à Ziniaré du 17 au 18 mars 2026, procédé à la mise en place d’un Comité de Recherche Participative et Inclusive (CRPI).
Pour le Coordonnateur national du projet, Anselme DIPAMA, ce comité est fondé sur un socle inclusif et participatif qui vise à assurer une participation active des communautés locales et des personnes vulnérables des zones d’intervention du projet. Il est de ce fait l’émanation des comités locaux de recherche participative mis en place dans les communes de La-Toden, Tema-Bokin, Zitenga et Zorgho. À ce titre, il constitue l’instance de consolidation, de coordination et de capitalisation des dynamiques locales issues desdits comités.
Le CRPI est ainsi composé de représentants des différentes catégories d’acteurs communautaires, notamment des jeunes, des femmes, des personnes en situation de handicap et des pasteurs. Outre les partenaires de mise en œuvre, ses membres sont issus des structures locales intervenant dans la gestion foncière et le développement communautaire, notamment :
- les Commissions de conciliation foncière villageoise ;
- les Commissions foncières villageoises ;
- les Comités villageois de développement.
Des structures publiques et un réseau de communicateurs en sont également membres parmi lesquelles figurent :
- le Secrétariat Permanent de la Coordination des Politiques Sectorielles Agricoles et du Développement Durable (SP-CPSAD),
- la Direction Générale du Foncier et de l’Organisation du Monde Rural (DGFOMR),
- l’Institut de l’Environnement et des Recherches Agricoles (INERA)
- le Réseaux des journalistes et communicateurs pour l’agriculture durable (JCAD)
Il est dirigé par un bureau composé d’un président, d’une vice-présidente et d’un rapporteur.
Sa création s’est concrétisée par l’adoption et la signature d’une charte qui définit les principes directeurs, les règles et les mécanismes encadrant le fonctionnement du Comité de Recherche Participative et Inclusive et de ses démembrements locaux.
Celui-ci est désormais investi d’une mission : « Promouvoir et coordonner une recherche participative et inclusive qui renforce la sécurisation foncière, soutient la restauration écologique et valorise les savoirs locaux (…) ».

Dans la perspective d’assurer le succès de cette mission, le président du bureau du CRPI, Souleymane Yougbaré, a assuré que son équipe mettra tout en œuvre pour relever les défis à venir. « Nous ne ménagerons aucun effort pour relever les défis (…) Relever les défis à 2 niveaux : à ce que nos terres soient véritablement restaurées de façon plus durables et aussi à ce que nos braves producteurs et productrices puissent avoir accès à la ressource terre de façon aussi durable », a-t-il déclaré.
Le Coordonnateur Régional du projet, Richard OUEDRAOGO a pour sa part invité l’ensemble des membres à s’approprier pleinement ce comité et les missions qui lui sont confiées. Il a également encouragé le bureau à mobiliser chacun d’eux afin d’avancer efficacement dans la mise en œuvre de ses activités. « Nous attendons le maçon au pied du mur. Nous sommes tous impliqués parce que c’est une cause que nous défendons pour nous », a-t-il conclu.
En marge de la mise en place du CRPI, des réflexions ont été menées par les différents acteurs sur les principaux enjeux liés à la sécurisation foncière et à la restauration des terres dégradées dans les zones d’intervention du projet. Ces échanges ont permis d’identifier les défis majeurs notamment ceux liés à l’orpaillage, à la divagation des animaux, de partager des expériences locales et de formuler des pistes de solutions adaptées aux réalités des communautés. Ils ont également permis de valoriser certaines bonnes pratiques agricoles mises en œuvre par les communautés locales telles que le zaï, les cordons pierreux, Régénération Naturelle Assistée

Le projet « Sécurité foncière pour les communautés qui reverdissent des terres agricoles sahéliennes – combler le fossé de mise en œuvre entre la recherche existante et les réalités locales » est un projet mis en œuvre dans 3 pays de la sous-région notamment le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal dont le SPONG assure le lead. Il a pour objectif d’améliorer la résilience climatique des communautés rurales marginalisées et la restauration écologique durable dans le Sahel en sécurisant leurs droits fonciers. Il est déployé avec le soutien financier du programme Reversing Environmental Degradation in Africa and Asia (REDAA). Au Burkina Faso ce projet est porté par le SPONG accompagné de ses partenaires de mise en œuvre à savoir l’ONG APIL et APEDR.