
Du 06 au 08 Avril 2026, des acteurs de trois pays, engagés dans la restauration des terres dégradées au Sahel se sont réunis à Ouagadougou à l’occasion d’un atelier régional annuel d’apprentissage collaboratif.
Organisé par le SPONG dans le cadre de son projet : « Sécurité foncière pour les communautés qui reverdissent des terres agricoles sahéliennes – combler le fossé de mise en œuvre entre la recherche existante et les réalités locales », cet atelier a mobilisé des partenaires du Sénégal, du Niger et du Burkina Faso, réunis en consortium et engagés dans la mise en œuvre dudit projet. La rencontre, présidée par le Président du Conseil d’Administration (PCA) du SPONG, Monsieur Abdoulaye OUEDRAOGO, a permis à ces partenaires de procéder au bilan de ce projet après une année de mise en œuvre, de tirer les enseignements, et de projeter des perspectives devant permettre de relever les différents défis rencontrés et atteindre les résultats escomptés.
Pour le Coordonnateur national duCRESA/Niger, Professeur Adam Toudou, s’exprimant au nom des partenaires, le Consortium entre les organisations des trois pays existant depuis 2018 a favorisé le développement de valeurs comme la solidarité, le partage d’expérience et l’efficacité. « Un des principaux acquis, c’est amener des institutions, des techniciens, des chercheurs, des développeurs ou des membres des communautés à travailler ensemble, à avancer ensemble (…) Et ce consortium nous a appris à nous connaître, à découvrir en chacun de nous, institutions ou individus, des compétences que nous sommes en train de mettre en œuvre », a-t-il déclaré. D’autres acquis ont par ailleurs été relevés au cours de cet atelier par les différents acteurs et ceux-ci sont relatifs à la mise en place des comités locaux et nationaux de recherche participative et inclusive et à la réalisation de campagnes de sensibilisation, de plaidoyers, de dialogues politique et de session de formation au profit des communautés rurales dans le domaine de la sécurisation foncière et de la restauration des terres dégradées dans les 3 pays de mise en œuvre du projet. De façon concrète, le dialogue politique au Sénégal, particulièrement dans la commune de Ndiognick, a abouti à la prise d’un engagement majeur par le maire : celui de sécuriser les terres des agriculteurs champions à compter du mois de mars 2026.
Le point focal de l’UNCDD représentant le ministère en charge de l’agriculture et de l’environnement, Lazare TAGNABOU, a, pour sa part salué le rôle essentiel joué par la société civile dans la mise en œuvre et la promotion d’actions de gestion durable des terres, adaptées aux contextes et réalités locales. Il a de ce fait émis le vœu que cet atelier renforce l’impact des initiatives en cours dans les 3 pays et améliore la coordination régionale inter-pays. Il a également et surtout fourni des orientations stratégiques visant à aligner les initiatives du consortium aux politiques nationales et internationales en matière de restauration des terres et de sécurisation foncière.
Intervenant dans cette même dynamique, le PCA du SPONG, a souligné que l’institution attachait une importance particulière à la pertinence des réflexions engagées et aux orientations entrant dans le cadre de cet atelier. « Notre responsabilité est de traduire les recommandations issues de ces travaux en actions tangibles sur le terrain pour le bien-être des communautés rurales particulièrement des personnes vulnérables », a-t-il ajouté.
Ainsi dans cette perspective de passage à l’action, les participants à l’atelier ont identifié une série d’actions prioritaires à mettre en œuvre dans chaque pays et parmi lesquelles figurent :
- la mise en place ou le renforcement de cadre multi acteurs ;
- la production de modules de formation basés sur les évidences scientifiques ;
- le plaidoyer, le renforcement des capacités,
- la construction d’un modèle de restauration communautaire des terres
Parallèlement à ces actions, ils ont également formulé plusieurs recommandations et celles-ci se rapportent au/à :
- renforcement de l’intégration du genre et de l’inclusion sociale dans toutes les activités ;
- la structuration durable des cadres de concertation multi-acteurs ;
- l’intensification des actions de plaidoyer en faveur de la sécurisation foncière ;
- l’amélioration des mécanismes de gestion financière;
- la promotion de la capitalisation et la diffusion des bonnes pratiques à l’échelle régionale.
Le projet « Sécurité foncière pour les communautés qui reverdissent des terres agricoles sahéliennes – combler le fossé de mise en œuvre entre la recherche existante et les réalités locales » est un projet mis en œuvre depuis 2025 par un consortium d’organisations composé du SPONG lead du consortium, du CRESA du Niger et de l’IED Afrique du Sénégal. Il s’inscrit dans la continuité du Programme « Les communautés reverdissent le Sahel » et vise à améliorer la résilience climatique des communautés rurales marginalisées et la restauration écologique durable dans le Sahel en sécurisant leurs droits fonciers. Il bénéficie de l’accompagnement financier du programme Reversing Environmental Degradation in Africa and Asia (REDAA) de la coopération britannique.